Bienvenue




Bienvenue


Tu entres en ce moment dans un lieu un peu perdu.
Tu y trouvera...
des textes ,comme celui qui suit, qui dépeignent un monde de la fantaisie;
des poêmes qui datent de mon passé;
ou bien quelques souvenirs difficiles.

Ce lieu n'est pas très cohérents mais peut-être que toutes ces "taches de moi" finiront par me raconter...

Si tu te perd, lance un appel, alors le waste of hero t'éclairera.
Bienvenue
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# Posté le samedi 12 août 2006 04:26
Modifié le mardi 31 octobre 2006 08:16

Présentation d'un monde ancien: extrait du livre d'Eode

extrait du livre d'Eode, écrit pas Jaimneb le vert, en 150 av JC (date approximative)



... car chaque temps possèdent ses tourments, ses lumières. Et à chaque temps il incombe de faire oublier le précédent.


Depuis leurs naissance, les hommes ont grandi, ont su développer de nouvelles technologies et s'imposer au monde. Peut-être qu'ils ont seulement commencé à entrevoir leur potentiel.


Mais pour eux, les temps passés deviennent mythes, légendes et il ne perdure bientôt que quelques images, quelques notes incomprises.


J'habite un temps ou les hommes ne s'appartiennent plus vraiment. certaines mythologies parlent d'un age sombre, je le nommerais plutôt l'age des quatres, (...). A l'aube de cet âge, il est dit que trois magies sont nées d'une seules qui les précédaient toutes. Et pourtant, une quatrième magie était peut-être née à l'insu de tous. On la nomme aujourd'hui perversion, malédiction....


Le temp a attribué de nombreux symboles pour caractériser ces magies.
Les études relatives à la couleur des auras dégagés par chaque école de magie engendrent parfois des commentaires interesants mais on ne peut guère s'y fier. Il ne s'agit dans le fond que de superstitions et incompréhension. Mis qui connait les fondements des puissances à venir?


La magie habite chacun d'entre nous. Seulement tous ne la manipule pas avec la même dextérité, et ceux qui n'ont pas d'affinité tentent davantage de développer des technologies nouvelles, utilisables par tous. Un personne sensible à la magie a souvent une école de prédilection. Cette affinité ne se choisit pas. Elle découle plutôt de ce qu'est la personne. Ainsi, on esttrès douée pour manipuler une magie, on se verra incapable de manipuler une des autres. Peut-être qu'en se tournant entièrement dans un mode de penser et de ressentir propre à une des école, on coupe son esprit des autres visions possibles d'une même réalité et donc des autres magies.


La première école est la main d'Isphale, représenté par le cristal. J'aime me représenter cette magie comme un roc sortant des eaux. Le monde apprécie ses mages pour les soins et les protections qu'ils dispensent, mais il est également dit de ces mages que ce sont de redoutables combattants qui peuvent faitre appel à l'endurance du roc et à la force dévastatrice des flots. Cependant les témoignages sont rares et on ne sait quel véracité apporter à ces dires.


Ce n'est pas le cas avec de la seconde école représenté à la perfection par un de ses plus grand mage: Sarthom le vif. toujours habillé d'or, il vit dans le luxe, le faste et les plaisirs de l'instant. Les démonstrations de magie sont nombreuses et souvent étonnantes, si ce n'est dangereuses. Combien de tavernes ont été détruites suite à des altercations entre mages? Ces mages ont développé une grande habileté à manier les sorts de pyrokinésie, télékinésie et même de transmutation. Ils font preuve d'un grand courage mais leur impulsivité les rend imprévisibles.


La troisième école est la mienne. Notre voie n'est pas toujours comprise, sans doute parcequ'on a longtemps négligé de communiquer avec les mages des autres écoles. Longtemps les mages verts ont tenté de développer leur conscience du monde qui les entoure. Evoluant dans le respect de chacun, il est née une grande affinité entre la magie verte et l'ensemble des espèces vivantes. Pour certains, nous arborons la couleurs des serpents. Agissant quand l'harmonie est menacée, nos actions sont souvent inattendues car peu s'adresse directement à nous, si ce n'est rodeurs, menestrels ou autres personnes de grand chemin. Cependant notre caste ne se coupe pas des sociétés humaines, que nous observons, ne serait-ce que pour accueillir ceux qui nous recherchent, parfois sans le savoir.


Voici les trois magies reconnues par le genre humain. Il en existe pourtant une quatrième. Longtemps les vampires ont été craints et détruits. Nombre de récits racontent les attrocités que commettent ces démons qui n'ont d'humain que la forme. Et pourtant je pensent qu'il s'agit bien d'être humain, à la magie terrifiante quand elle n'est pas maîtrisé. Beaucoup de témoignages ne sont sans doutes issues que d'illusions lancés par ces mages sombres.


Quatres magies pour représenter les hommes.

La magie verte semble puiser sa force au coeur des racines du passé, pour comprendre et relier les hommes entre eux. L'harmonie idéalisée est aux antipodes des préoccupations de ceux tournés vers l'or, qui vivent accrochés aux ficelles de l'instants présents. Moins réfléchies, plus instinctive, cette magie évolue très vite, mais son manque de stabilité joue souvent contre ses membres. Alors intervient la main de cristal pour protéger, soigner et reconstruire. La dernière semble accompagner les hommes tout au long de leur périple, attisant leur peur et leur haine, se nourrissant de leurs doutes, de leurs désirs, de leur douleurs, pour faire naitre une fleur étrange
Présentation d'un monde ancien: extrait du livre d'Eode
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# Posté le samedi 12 août 2006 06:47
Modifié le samedi 12 août 2006 07:56

L'apprenti




Johan était entré dans le temple. Il avait été accueilli par le maître. Comme le voulait la tradition, il s'était assis en face de lui, la tête courbé vers le sol en signe de révérence, et avait attendu...
L'attente avait été longue, très longue. On raconte aujourd'hui qu'ils ont été statue durant sept jours et sept nuits. A l'aube du huitième jour, le maître se serait levé, puis serait parti en direction d'une porte discrète, voire invisible, vers le fond du temple. Johan était invité à le suivre. Ils arrivèrent dans une petite salle et entrèrent après s'être prosterné. Entrer signifiait partir à la recherche de soi. Johan le savait. Ainsi commença son initiation.

Le Dojo était un lieu de combat, combat d'esprit et de corps .Longtemps Johan brûla le feu qui l'habitait. Peu à peu, il apprit que sa raison n'était qu'illusion et orgueil.

Il cherchait à faire mal comme on lui avait fait mal. Il avait le désir secret de revenir vers les siens, et dévaster leur terre du feu de sa haine.
Il recherchait la souffrance, celle qu'il méritait de par sa nature. Il cherchait à s'infliger le mal pour l'affliger à cette partie de lui qui l'habitait et criait chaque jour plus fort.

Il n'écoutait pas sa souffrance, la dépassait et apprenait à contrôler son corps, ses dons. Du moins, ceux qu'il reconnaissait.


Un jour, il entra sur le Dojo. Le maître lui faisait face, assis au centre de la pièce. Alors il comprit. Nulle phrase n'eut besoin d'être prononcée. Il salua son maître, reconnaissant de son enseignement. Ses plus grandes leçons l'attendaient encore. Il devait partir à leur recherche. Il savait qu'il pouvait faire face au monde.

Son maître le regarda partir. Il savait lire le coeur de son élève. Il lisait la tempête qui l'habitait, la force qui le faisait avancer, et les vents qui hurlait son nom. Un jour peut-être finira-t-il son enseignement. Mais une voix lui soufflait que le sang devra peut-être couler lors leur prochaine rencontre. Nul n'aurait pu dire quelle voie allait tracer son élève...
L'apprenti
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# Posté le dimanche 13 août 2006 09:18
Modifié le vendredi 20 octobre 2006 01:32

Histoire d'âme née: prologue (chapitre 0)

Histoire d'âme née: prologue (chapitre 0)

Prologue


La femme s'était assise pour souffler un peu. Le petit avait maintenant des carottes sur les vêtements.
-Cet enfant mange si peu, pas étonnant qu'il soit aussi maigre !
Sa s½ur venait de rentrer dans la maison. Décidément elle habitait trop près.
-Tu sais qu'il devrait déjà dire des choses, gazouiller. Il est peut-être sourd ?
Le visage de Diane se renfrogna :
-C'est vrai que Johan n'est pas très expressif, mais il n'a que quelques mois !
Le bout de choux fixait sa tante Monique, du regard.
-Il est pâle.
-C'est le fait d'avoir des cheveux noir !
Diane pris son fils dans ses bras et le serra contre sa poitrine.

Le babin était d'une extrême pâleur, soulignée par le noir prononcé de ses cheveux. Ses yeux avaient une teinte grise qui rendait son regard perçant.

Ils allaient être en retard. Chaque année, une procession de mage passait en ville avec la foire comtoise. Elle attendait ce moment avec anxiété. La foire comtoise avait lieu à Micropolis, un grand espace d'exposition à Besançon. En cette occasion, il y a bien sûr une fête foraine, et des expositions sur les traditions franc-comtoise. Mais le c½ur de cette fête est la présence des mages pour accomplir le rituel premier. Tous les enfants nées dans l'année sont invités à y participer. Il vise à révéler les affinités que pourrait avoir l'enfant avec la magie.

Diane n'aimait pas trop la magie. Il n'y avait pas de mage dans sa famille. Mais son mari avait fait preuve d'étranges capacités peu de temps avant sa mort. Il ne savait rien de ses origines car il était orphelin.

Elle regarda sa montre. Couche, biberons, lingette, change... il fallait faire vite.
-Tu es prête Monique?
-Je vais à la voiture.
Elle vit la svelte silhouette de sa s½ur disparaître à travers la porte. Si seulement elle pouvait avoir sa silhouette. Elle emporta l'enfant après avoir mis le chat dehors.

Un voyage rapide. L'enfant dormait malgré la tension qui habitait sa mère. Après une demi-heure de route, ils arrivèrent et réussirent à se garer rapidement, presque miraculeusement. L'endroit était bondé, effrayant.

Ils se frayèrent un chemin jusqu'au bâtiment principal de Micropolis, un bâtiment octogonal avec beaucoup d'ouvertures. Une grande queue s'était formée devant les portes d'entrée, composée essentiellement de couples avec un enfant en bas âge. Ils franchirent les portes au bout de quelques minutes. Le rez-de-chaussée était composé d'une unique salle où on emménageait habituellement les expositions avec des parois mobiles. La famille était invitée à emprunter un immense escalier pour assister à la cérémonie depuis la mezzanine. Mais Monique continuait d'avancer avec Diane. Les deux femmes se dirigeaient lentement vers le centre de la pièce. Il était pour elle incompréhensible que la pièce fut aussi grande !

Au fur et à mesure qu'il avançait, le couple distinguait les trois mages qui officiaient. Tout d'abord Diane aperçut le profil d'une personne vêtue d'une immense bure rouge. Elle fronça des sourcils. Sa tenue était soulignée de nombreux motifs d'or. Elle devait appartenir à la Lame, une école de magie éclaboussée par les scandales. A sa carrure, elle devina un homme. Il était debout, il faisait des gestes étranges avec ses mains, sans doute au-dessus de la tête d'un enfant. Les deux femmes avançaient toujours.

Sa s½ur lui signala le deuxième mage. Elle portait un corsage brun, peut-être de cuir. Ses cheveux étaient bruns avec des reflets roux. Sa jupe était très étrange. Elle était d'un vert très foncé, mais sur sa droite, elle se transformait en un pan de tissus qui suivait sa jambe de manière harmonieuse. De fines bottines et une ceinture avec de nombreuses sacoches parachevaient sa tenue.

Le mage s'appuyait sur un grand bâton, son autre main levée, le bras tendu. Elle semblait murmurait des mots étranges. Les mages de la Sève d'Elioss étaient rarement visibles de manière officielle. Souvent, ils étaient absents des cérémonies officielles mais on dit qu'ils y assistent toujours de manière anonyme.

Monique se tourna vers sa s½ur :
-C'est d'elle dont on m'a parlé. Elle dit aux parents si elle décèle un problème de santé chez l'enfant.
Diane serra l'enfant un peu plus fort. L'enfant regardait sa mère, qui avançait toujours. Il y avait de moins en moins de monde devant eux. Elle apercevait maintenant le troisième mage. Un personnage vêtu de blanc, avec une ceinture bleue un peu vieillie. Elle relâcha l'emprise qu'elle exerçait sur l'enfant. Les membres de la main d'Isphale aidaient beaucoup les gens ; ils dispensaient des soins ou réglaient les problèmes liés à la magie.

Les trois mages étaient à l'extérieur d'un grand cercle tracé à même le sol. Le cercle était censé être rempli d'énergie. Si l'enfant possédait une affinité, alors les mages le sentiraient. Lorsque l'enfant est dans le cercle, l'affinité se révèle par le biais d'effets lumineux. Mais en règle générale, une petite lueur apparaissait pour tous les enfants. C'est cette démonstration de magie qui attire autant de monde. Mais les mages sont là pour contenir ces éventuelles démonstrations.

Le pouls de Diane accélérait tandis qu'elle se rapprochait. Les parents devaient poser l'enfant au centre du cercle, puis s'en éloigner de quelque pas. Ils pouvaient presque aussitôt aller le rechercher. Les parents ressortaient alors du bâtiment, où on les accueillait et les conviait à diverses festivités.

Diane réalisa qu'il n'y avait plus personne devant eux. Ils avancèrent jusqu'au cercle. Diane franchit la ligne blanche avec Johan, avança vers le centre. Elle eut un moment d'hésitation avant de le poser au sol. Il ne se passerait rien. Elle se le jurait, priait de toute son âme. Elle lève les yeux vers la mage qui ne lui accorde, semble-t-il, pas la moindre attention. Johan regarde autour de lui, curieux de l'attention qui lui était accordé.
Elle recule, quelques pas seulement, sort du cercle. Un pas, deux... Elle s'arrête. Ils n'avaient dit que quelques pas. Il ne se passe rien. Soulagement. Elle peut aller le chercher.
Elle lève les yeux.
Une main lui fait face ! Derrière la main, le mage blanc. Son teint devient livide. Instinctivement, elle cherche son fils du regard.

Il était assis, levait gentiment la tête vers... vers une petite lueur blanche. Elle se pétrifia. Une voix hurlait dans sa tête que s'était normal, NORMAL !

La petite étincelle voletait, insouciante. Par contre, le sol dans le cercle était étonnamment clair. Les trois mages avaient leurs bras tendus vers le cercle. Tous trois regardaient maintenant l'enfant. La lumière s'intensifiait. L'enfant semblait porté par un disque lumineux. Les murmures devinrent incantations dans la bouche des mages. Diane regardait obnubilé, sous son fils, un nuage lumineux, si blanc. Tous les parents commentaient mais ils étaient si loin.

Elle commença à distinguer des zones plus sombres dans le disque. Des tâches verdâtres sur le bord. Johan les regardait. Diane ne réussissait pas à faire le moindre geste pour rejoindre son fils. Elle paniqua. Johan regardait calmement les pousses qui sortaient de ces taches. Des arbustes poussaient.
Soudain la magicienne leva son bâton. D'un coup sec, il s'abattit sur le sol. Les arbustes se désagrégèrent. Mais il persistait quelque chose d'eux. On les devinait, translucides, vaporeux... des spectres d'arbres. Cinq immenses piliers se dressaient maintenant sur le cercle pour se dissiper dans un halo brumeux vers les voûtes du plafond.

Assis sur le sol blanc, vaporeux, entouré de colonnes translucides, Johan semblait perdu dans un monde étrange. Elle crut distinguer une ombre se profiler dans le cercle, mais tout s'était déjà dissipé. Il n'y avait plus que Johan qui levait les yeux vers les mages épuisés.
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# Posté le dimanche 13 août 2006 09:18
Modifié le mercredi 16 août 2006 02:52

Le deuil d'une mère

Le deuil d'une mère
Le deuil d'une mère




La nuit était sombre. La lune était pourtant pleine, mais les nuages l'empêchaient de dispenser sa lumière. Un vent léger soufflait sur la maison. Il faisait craquer, suinter, presque pleurer les arbres du domaine. Tous les sons de la nuit semblaient murmures devant la maison. Elle semblait dominer tous ceux qui osaient s'en approcher. Etait-ce parce qu'elle était morte que la maison semblait déjà si sombre ?

Une bourrasque de vent secoua soudainement tous les arbres, mordant le brouillard qu'ils abritaient. La silhouette de Johan se dessina au pied de l'allée. La douleur le guidait. Le vent l'avait emporté. Certains arbres s'inclinèrent devant l'orphelin, tandis que d'autres auraient voulu l'empêcher d'entrer. Il avançait, vaporeux, ombre parmi les ombres. Il avait ressenti la mort de sa mère. Etait-ce elle qui avait voulu lui dire adieu ? Il avançait, incertain.

Il était près du vieux puit où il avait joué étant enfant. Tout se couvrait de brouillard. Il savait que si il se retournait, il verrait la maison de sa tante, mais il avança droit vers l'entrée. Il posa la main sur une des colonnes quand il arriva au porche d'entrée. Il ressentit le bois, les rires et les larmes d'autrefois. Une photographie avait été prise ici. Son frère, sa s½ur, une portée de chatons. Il serra un peu plus fort la poutre, ferma les yeux. La porte s'ouvrit. Il ne bougea pas. Grincements. Il ouvrit les yeux. Cette réalité l'appelait.

Les odeurs l'assaillirent dès qu'il entra. Pourquoi venir ? La question l'effleura. Il ne savait pas ce qu'il venait chercher. Il voyait cette petite entrée. Le miroir sur sa gauche. L'escalier à sa droite. Il monta. Chaque marche semblait plus difficile à franchir. Il s'arrêta. L'escalier donnait sur un petit couloir affligé de quatre portes. Par l'une d'elle, il voyait sa chambre d'autrefois. Il restait pétrifié. Il leva la main d'un geste lent. Quand elle fut tendue, les trois portes encore fermées s'ouvrirent dans un grand fracas. Il pouvait voir deux autres chambres. Il n'y avait plus de lit, dans aucune d'entre elle. Dans la plus grande des chambres, il restait une grande armoire, recouverte par un drap. Elle avait sans doute été trop lourde pour pouvoir être déplacée.

Il regarda à nouveau en direction de sa chambre, y entra. Une nuit, alors qu'il était enfant, il s'était réveillé en étant persuadé qu'il y avait quelqu'un dans la pièce. Il s'était enfouit sous les couvertures sans oser faire le moindre son ni tendre le bras pour allumer la lampe de chevet. Et tandis qu'il s'enfonçait sous les couvertures, il réalisa qu'il y avait quelque chose de lourd sur le lit. Etait-ce le chat ? Non, il ne pouvait pas le pousser. Il avait attendu longtemps avant de trouver le courage d'allumer sa lampe. Une fois la lumière allumée, il s'aperçut qu'il n'y avait rien de posé sur le lit, mais il ne ressentait plus le poids sur les couvertures... Pourquoi repenser à cela ? Il le savait maintenant. C'était cette nuit là qu'Eléar l'avait vu pour la première fois...

Il sortit, descendit les escaliers, suivit la petite entrée. Il arriva dans une pièce assez grande. Nulle lumière ne l'éclairait. Certains meubles étaient déjà recouverts de draps blancs : la petite table ronde menant près de la cuisine, les chaises en bois, maintenant entassées dans un coin. Il effleura la grande table en chêne tandis qu'il traversait la pièce. Puis il en découvrit une autre, plus grande. Les meubles avaient disparut. Il s'assit sur le rebord de la cheminée. Le vent sifflait en s'engouffrant à l'intérieur. Encore une fois il ferma les yeux. Tout son passé revenait en lui. Il se plia en deux, comme si son ventre était transpercé d'une lame invisible. Il s'agenouilla, puis posa les mains au sol. Une perle coulait le long de l'arrête de son nez, évita le coin de sa bouche pour rejoindre son menton. Mais tandis qu'elle s'apprêtait à tomber au sol, une immense rafale de vent s'engouffra dans la cheminée, déferla dans le salon, la recueillis. Le salon fut couvert de suie et de cendre. Le vent tournoya autour de Johan puis s'engouffra vers l'escalier. Johan le suivit. Il ne réfléchissait pas. Il savait qu'une partie de lui avait appelé ce nuage. Il courut, monta les escaliers. La suie s'arrêtait là. Il s'arrêta, silencieux. Il n'y avait plus rien. Il ne comprenait pas à quoi rimait tous cela. Il tomba à terre. Sa main contre les cendres se resserra. Et la folie s'empara de lui. Il jeta les cendres vers le plafond et hurla de toutes ses forces. Alors la trappe du grenier, qu'il n'avait pas remarqué, fut anéantit. La sciure, la poussière et les cendres pleuvaient sur Johan, qui regardait maintenant le plafond. Son regard n'avait plus rien d'humain. D'un bond, il se projeta à travers la trappe défoncée. Le plafond était très grand. De nombreux meubles étaient entreposés sur les cotés Mais devant lui, il retrouva son vent qui tourbillonnait autour d'une immense flaque sur le sol. Il s'approcha près à tout détruire. Il leva la main près à gifler ce vent et toute cette maison, ces meubles, quand il regarda cette flaque. Il s'arrêta, pétrifié. Son visage n'exprimait plus que la détresse et la douleur. Les larmes coulaient le long de son visage.

Il tomba au bord de cette flaque. Son regard si perdait. Le vent tomba. L'image d'une femme se dessinait, riante, pétillante.

-C'est toi ?

La femme se tourna vers Johan, le regarda, les yeux emplis d'amour, puis éclata d'un grand rire qui pouvait être sanglots. Elle tournoyait maintenant et semblait partir.

-Non revient ! Tu n'as pas le droit. Pas le droit de me faire ça. Pas maintenant. Je serai bientôt revenu ! TU N'AS PAS LE DROIT !

Les meubles autours de Johan furent projetés contre les murs. Il hurlait à présent :

-Connasse ! Comment oses-tu ? Pourquoi m'as-tu fais ça ? Pourquoi m'as-tu fais ainsi ? Salope ! M'entends-tu d'où tu te caches ? Tu as toujours su ce que j'étais et pourtant tu l'as ignoré ! Tu m'as ignoré. Tu n'as jamais essayé de me protéger. Tous ceux qui me détruisaient petit à petit, tu ne leurs a jamais fait face !

Il ne restait plus rien des meubles du grenier. Des plantes apparaissaient entre les débris, les recouvraient.

-Tu as contribué à ce que je devienne un monstre à mes propres yeux ! Tu as attendu que je tente de me tuer. Tu voulais faire de moi quelqu'un que je ne suis pas. Tu n'as jamais osé dire ce que tu pensais, et toujours j'ai lu le jugement dans ton regard. Chaque fois que je voulais dire qui j'étais, tu m'as fait taire. Tu niais ce que j'étais. Tu n'as même pas tenté de me sauver de moi-même.

Les plantes recouvraient maintenant entièrement le sol et atteignaient Johan. Quelques tiges commençaient même à s'enrouler autour de ses jambes.

-Tu n'as même pas essayé de me retrouver quand tu as vu qu'on se quittait, et pourtant tu m'étalais tes souffrances comme si c'était à moi de les éponger. Tu as laissé une famille détruite, comme si c'était à moi de la réparer. Tu m'as laissé des fantômes dont je ne voulais pas. Pourquoi ? POURQUOI ?

La flaque avait totalement disparue. Les plantes recouvraient tout le grenier et Johan n'avait de totalement libre plus que la tête. Les larmes coulaient le long de ses joues. Alors un être surgit des ombres. Tandis qu'il s'approchait, les lianes se desserraient et lui ouvraient un passage. Il portait un pantalon et une veste noire par-dessus un col roulé blanc. Il atteint Johan. Il s'accroupit, face à Johan, effleura sa joue, lui fit relevé la tête. Johan le regarda, les yeux emplis de larmes.

-Eléar ?

L'inconnu l'embrassa. Les plantes disparurent mais les larmes de Johan continuaient de couler. Ses bras se portèrent au cou d'Eléar. Leur baiser prit fin une fois toutes les plantes disparues. Eléar aida Johan à se lever.

-Viens mon ange. Le jour arrive. Partons.
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# Posté le dimanche 13 août 2006 09:19
Modifié le mardi 31 octobre 2006 08:21